09/10/2016

cafe philo laboratoire d'idées GENEVE Mardi 4 Octobre

ANALYSE ET COMPTE RENDU THEME DE LA SOIREE : LES EFFETS DU TEMPS  ... OU TEMPS PERDU ?

 

Avec le temps " d' écart et d'aléatoire " de la séance précédent, ce Mardi 4 octobre, les participants ont pu philosopher ou tenter de le faire sur la notion de temps en écoutant des chansons et en se référant à l'auteur Paul Virilio.

Dans la chanson de Léo Ferré 2 Le Temps ", ce temps s'effiloche puis s'échappe et nous rappelle de manière poignante ses effets non mesurés. Il y a le temps chronologique, artificiel, mesuré, enregistré et puis le temps vécu qui s'étire et se rétrécit selon le vécu et la situation du moment. L'épaisseur du temps prend alors toute son importance.

Dans les Confessions de Saint-Augustin  -  livre XI des Confessions  -  on peut lire et éprouver à la fois la simplicité et le vertige du temps par cette phrase : " Qu'est ce que le temps ? .... Si personne ne me le demande, je sais. Si on me le demande et que je veux l'expliquer, je ne sais plus "

Epicure disait aussi que  le temps, c'est l'accident des accidents, puis la très belle phrase de Saint-Exupéry : C'est le temps que tu as passé pour ta rose qui compte ".

On voit que la notion du temps ne prend sa valeur et son poids que lorsque on la rattache au vécu. Paul Virilio fait intervenir la nuance entre l'accélération dans l'urgence et ses variations de vitesse et la vitesse qui est le rapport entre une doctrine et un temps pour accomplir une action, toute la différence réside entre le quantitatif et le qualitatif et l'on peut remarquer que le premier engendre l'angoisse et le malaise, alors que le deuxième peut apporter plénitude, n'oublions pas que le silence, la pause fait partie du temps dans tous les domaines, pensons aux pauses de John Cage. Il existe aujourd'hui un déphasage du temps, car lié à l'espace, le temps géographique est devenu un temps. mondial.Dans l'accélération et le rapprochement impromptu, artificiel, produit par les médias, il y a comme un esprit mortifère qui se déploie. Si parfois, nous en sommes les bénéficiaires, nous pouvons aussi en être les victimes. Notre peur de la mort et du vide, de la solitude, cette panique individuelle ou collective nous jette dans un temps anxiogène, le temps fait surgir toutes les problématiques vécues au quotidien: le temps de respirer, le temps de manger, le temps d'aimer, le temps de vivre et là, le corps prend toute sa place pour le temps de s'écouter.On n'annule pas le temps, bien que les Révolutionnaires français l'aient voulu en refaisant le calendrier.

C'est étonnant de penser que l'on est à la fois très présent aujourd'hui mais que l'on fait aussi partie du siècle passé,le rythme que l'on s'impose ou que l'on nous impose va scander et modifier autant notre corps que notre esprit, la contraction du temps nous fait passer de comme le dit Victor Segalem " le navigateur conquérant de la longueur qui traîne " à comme le dit le poète Saint-Pol Roux " le temps, c'est un coït dans l'avenir"

En tout cas, comme nous le dit également la chanson de Louise Forestier, channteuse québecquoise, "  " C'est le temps d'aller voir "... Il y faut une volonté, un esprit de décision, une capacité de le faire.

Nostalgiques ou stimulés par cette notion du temps, autrefois on comptait en siècles, maintenant les années nonante sont déjà perçues comme presque ancestrales, ainsi perturbés nous risquons de tomber dans l'indifférence. 
Pour éviter cet aparté du monde sans pour autant tomber dans un excès de vitesse, la notion de responsabilité nous aidera peut-être à prendre le temps de la réflexion.

Sourire, bailler et dormir  comme le suggère Eddie Constantine fait aussi de plaisir de gérer son temps.

A Mardi 11 Octobre pour analyser et discuter autour des Balkans le plus vieil islam d'Europe à notre Café Philo Laboratoire d'Idées.

 

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