03/05/2017

CAFE PHILO LABORATOIRE D'IDEES CAFE PLATANE 91 BD DE LA CLUSE GENEVE

 

 

COMPTE RENDU DE LA SEANCE DU 25 AVRIL  HOMMAGE A JAN MAREKJO. de 18 h 30 à 20 Heures

Notre café Philo Laboratoire d'Idées a tenu à rendre hommage au pionnier, à l'initiateur des Cafés Philo à Genève à la rue St Léger, il y a bien longtemps : Jan Marejko.

Il avait fréquenté une fois ou l'autre notre Café et y avait même présenté un sujet.

Il nous importait de réunir les amis de Jan Marejko une seconde fois pour parler de ses oeuvres, deux essentiellement " Cosmologie et Politique "  puis  ses "Dix Méditations sur l'Espace et le Temps " et ses chroniques qui viennent d'être éditées aux Editions Bibracte chroniques réunies par Glorice Wettstein issu du site " Les Observateurs"  animé par Ulli Windisch et édité par Monsieur Bazzone.

Un colloque précédent  nous avait tous réunis pour évoquer plutôt la personnalité de JM et les souvenirs de chacun.

Ce soir 25 Avril, il s'agissait de deux de ses livres, comme à notre habitude nous avons proposé une problématique face aux oeuvres précitées: L'aliénation moderne, un paradoxe du désir, vertige de l'infini ou peur des limites ?

Désirer, c'est tendre vers  un extérieur ou une absence qui met en mouvement, mais qui implique un " que " et le subjonctif ( je désire que ...  )  c'est à dire une possibilité, mais pas une certitude.Cette ambivalence peut donner le vertige où nous rendre aliénés même si cela vous procure une jouissance. C'est le paradoxe qui a toujours hanté Jan Marejko, surtout face au monde moderne. Le mot désenchantement revient souvent dans ses oeuvres suite à la perte des repères anciens.

Ce n'est pas un passéiste, mais l'essor des sciences depuis le XVIIème siècle permet de postuler un Espace infini qui rend l'Homme maître du monde, lui permet de prétendre pouvoir dire ce que la Nature est sans pouvoir la cerner autrement que par des hypothèses, des postulats, des idées, l'envisager comme un système à découvrir à l'infini. D'où l'idée qu'il suffit de mettre à jour le fonctionnement des systèmes et d'établir  la paix universelle. Mais à quel prix nous dit Jan Marekjo ? Au prix de l'aliénation et d'un contrôle qui frise le totalitarisme. Le Monde peut s'inscrire dans une philosophie de l'Histoire où l'homme en devient le centre et le maître, mais  pas à l'abri des désillusions, de désenchantement. Les démocraties, à travers les technostructures finissent par enfermer l'Homme, à l'exploiter et à exploiter la Nature jusqu'à l'épuiser. Le siècle des lumières n'a pas produit les effets prévus, comment concilier la notion de système avec l'individualisme qui s'est développé.

Nous pouvons désirer la chose, sans pour autant  s'y laisser anéantir et une Révolution salutaire ne peut avoir lieu que si nous entrons en responsabilité éthique et sans certitudes entrer en appréhension possible du Monde, même si il nous échappe. Le déploiement du désir ne peut se concevoir que dans la mesure où l'altérité est reconnue et c'est là que l'Homme peut trouver sa liberté et en jouir.

Pour Jan Marejko, la liberté est possible sans référant transcendant grâce à sa capacité de spiritualité. On pense à ConsPonville et même à Lucrèce, et son long poème " De Natura Rerum " et sa physique hydraulique loin de la physique mécanique du XVIIme siècle, mais proche de la physique d'aujourd'hui.

Il y a en nous une présence qui dément notre résignation physique et nos limites apparentes. C'est dans ses " Dix Méditations " que Jan Marejko évoque le principe d'incertitude pour échapper à la relation de causalité. Le temps n'étant pas prévisible, c'est peut-être une chance pour échapper au vertige grâce à notre lucidité qui nous permet d'avoir un coup d'avance pour savoir faire face. l'Humour n'est pas absent de l'esprit et des textes de Jan , ce qui nous montre qu'il n'était pas désespéré et le contact avec les autres qu'il recherchait était par goût de vivre et sortir de l'impasse Une phrase d'un poète genevois Yves Sandrier ,  " décédé trop tôt ",  dit : " C'est connaître sa dépendance qui nous rend libre ". Le dessin qui illustre la couverture des Méditations est signé du peintre Tal-Coat, un peintre majeur de XXéme siècle,qui  signifie en langue celtique " front de Bois ", c'est à dire pugnacité.

Jan Marejko était sûr de ses convictions mais adorait la contradiction. Sa vérité il la trouvait dans son Ecriture. 

 

 

 

 

 

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