07/05/2017

CAFE PHILO LABORATOIRE D'IDEES CAFE PLATANE 91 BD DE LA CLUSE GENEVE

SUITE DE NOTRE ARTICLE PRECEDANT 

 

Dans notre précédent blog quelques coquilles ont été faites ou mots sautés. Nous vous prions de nous en excuser, c'est ce que l'on appelle  un texte vivant même de ses erreurs. Les deux mots vraiment importants à corriger seraient CHRIST PENTOCRATOR, et la phrase ... les diverses guerres post coloniales à corriger en guerres pichrocolines. les autres erreurs sont déclinées à votre discrétion. Merci ..

Voici la suite du compte rendu

Le ressentiment augmente, l'accumulation des passions dévastatrices a détérioré  le capitalisme bourgeois profite de  s'installer, appuyé par l'église devenue timorée et amoindrie, Marx est récupéré par les fascismes ou idéologies totalitaires, tout cela entraine aussi la décadence de toute autorité, de tout repère, y compris dans les arts et les sciences.

Les deux guerres mondiales vont emporter les quelques valeurs encore restées en place, et c'est le monde de la dérision qui fait surface pour dénoncer l'absurdité du comportement humain malgré sa bravoure : les artistes s'en emparent , Marcel Duchamp, les " Incohérents " Alphonse Allais, etc ...La psychanalyse joue sur la névrose, Le 3ème temps est arrivé : l'occident est à vendre, même l'émancipation de Mai 68 finit par se laisser emporter par le consumérisme.

L'anti-humaniste frappe à la porte et l'ouvre au transhumanisme.

Est-ce pourtant la fin de l'art ou de l'Histoire comme l'annonçait Hegel ou la mort de Dieu selon Nietszche, non les Ayathollas sont revenus. Le Califat s'installe, la ferveur distillée par Ben Laden poursuit ses plans. L'occident hétérogène, dévitalisé malgré son hyper - industrialisation a de la peine à faire face aux mondes asiatiques, orientaux, africains, que nous arrive-t-il ? Un manque de spiritualité, d'esprit critique si virulents à une certaine époque; submergés par les prothèses instrumentales qui nous sollicitent, nous vivons dans le virtuel et l'immédiateté. Notre vie se prépare en laboratoire.

Notre destin est-il si tragique? Espérons que non.L'homme a des ressources insoupçonnées pour faire rssurgir non pas le passé tel quel.mais des traces à revivifier, à quelle aulne ? Si nous sommes des manières d'être de la substance selon Spinozza et son Ethique, cette facture humaine, libéré des superstitions et des craintes, pourra par une pensée en réseaux hollistiques , sans suprématie, avoir encore des beaux jours. 

 C'est ce que Denis Gardon vous propose, à travers son roman fiction en cours d'écriture qui se passerait en l'an 2080. Une Confédération tripartie se serait réalisée ( Grande Bretagne-France- Suisse ) sous l'égide d'une  optique Celtique, leur ancêtre commun à tous ( Bretons de Grande et Basse Bretagne-Helvètes-Irlandais ) à l'origine,une confédération qui s'opposerait à deux autres forces: l'une danubienne germanique,née des ruines judéo-chrétennes, l'autre islamique méditerrannéenne. L'islam éclairé ayant échoué.

Cette Confédération Celtique," La CONCEL" serait un modèle de démocratie éclairée, venue au secours d'une technocratie ethnocide dévorante et des ruines de deux hégémonies religieuses. Ce serait une Démocratie de la palabre mais avec des instruments tenus à distance de la technologie moderne.. Cette Confédération serait protégée par un certain descendant des Bardes  et Druides, un dénommé Taliesmin avec des sages dits de la " Sphère ronde " allusion aux Chevaliers de la Table ronde et consultation des peuples ( la contagion démocratique  suisse ayant enfin fait florés ) Une monnaie nationale " Le Gland "  assurerait un taux de stabilité financière a l'intérieur de la Confédération , à l'extérieur  convertible en Euro Danubien ou Ismalo pour la monnaie Islaminique .

Entre 2017 et 2080 le merveilleux homme machine électronique aurait eu le temps de se bonnifier en homme Cosmos  où la technicité ne serait plus une fin mais des moyens sans en devenir esclave. Les Irlandais et les Ecossais étaient à l'origine , des bardes polymorphes qui avaient la conscience d'un  principe originel de toute vie : l'eau, Or nous savons qu'elle va être un problème majeur des années à venir.Cette civilisation celte, oubliée a perduré en rhysomme chez Rabelais, chez les Bretons, chez lesquels, la mer et le vent sont fondamentaux. Une matière mais magique.Les Bardes n'étaient pas des sauvages, ils avaient une civilisation riche en arts techniques ( cf/ vestiges archéologiques) énergie et science telluriques, qu'on s'en souviennent !!

" L'Albion " oeuvre graphique de William Blake ( 1780) était l'ancêtre de l'Irlande. Pourrait-il être l'emblème de l'Homme nouveau pour 2080 ? Il aurait le temps de se structurer jusque là. Michel Onfray, le Breton y pense-t-il en nous préparant son troisième tome ; " Sagesse ", Son terroir ne devrait-il pas lui suggérer une " Celtitude Attitude" ? 

La discussion ce mardi 2 mai fut un bon début de printemps malgré le peu de participants . A bientôt 

 

 

 

 

04/05/2017

CAFE PHILO LABORATOIRE D'IDEES CAFE PLATANE 91 BD DE LA CLUSE GENEVE

 RENDU DE LA SEANCE DU MARDI 2 MAI 2017 CAFE PLATANE  18 H 30   / 20 HEURES

INTERVENANTS : CLAUDE CLAVERIE  /  DENIS GARDON

Ce soir là, nous avons trait un sujet d'actualité, mais universel : " La civilisation occidentale est-elle un Prométhée ethnocide ? " 

Après les rivages " désenchantés " de Jan Marejko  évoqués le Mardi précédant, nous avons souhaité aborder au mois de Mai les rivages du Futur, le futur de note société occidentale, né d'un Prométhée courageux mais peut - être devenu ethnocidaire le paradoxe de ces deux mots nous a interpellés. 

Entre les techniques sophistiquées, prothèses d'aujourd'hui et le bonheur ou bien être promis désormais depuis longtemps par le siècle des Lumières, avons-nous réellement fait un chemin ascendant pour l'humanité, malgré des changements nombreux positifs mais aussi ravageurs ? Notre courageux Prométhée, apprenti sorcier connait-il des limites de l'humain ? De la nature ? 

Pour s'intégrer dans l'histoire a-t-il besoin de prier, de flirter avec la mort? Le boomerang est à craindre en tous les . A cette appréhension engendre la peur et l'angoisse qui caractérisent nombreux des habitants de notre monde d'aujourd'hui. Coincé entre structures économiques et discours mélodiques, notre société s'écoute résonner en niant souvent la réalité par excès de volonté de puissance souvent destructrices, ethocide. Notre Prométhée peut-il trouver une autre orientation, inspiré par une nouvelle spiritualité ? L'homme cherche toujours avec curiosité un ailleurs et en cours de chemin se laisse pervertir.

L'Homme qui veut s'expliquer le monde et l'expliquer aux autres, sait-il d'abord comprendre ? Cet occident contemporain, germé dans la Renaissance après avoir rejeté les sources anciennes s'est engagé dans une course au progrès où les valeurs requises ne correspondent pas toujours aux besoins de l'Esprit intuitif et créatif et l'autisme au monde que cette course manifeste, le rend agressif.La rationalité  du XVIIème siècle et du 18éme siécle qui ont fait leur chemin se heurte à l'irrationalité fondamentale de l'être humain et le pousse à devenir schizophrène . L'alibi des nouveaux outils n'explique - t-il pas celui d'un faux ailleurs ? Où est la sortie ?

 Dans son dernier livre " Décadence " , le 2ème tome d'une trilogie, après " Cosmos " qui doit être suivi d'un 3ème ouvrage " Sagesse " , Michel Onfray nous déroule le fil rouge de la décadence judéo-chrétienne.Il cite en exergue un court texte de Nietszche, tiré du chapitre 4 du tomme III des " Inactuelles " ou " Intempestives " texte de la fin du 19ème siècle mais qui résonne aujourd'hui bien à propos . Dans cette exergue, Nietszche parle de " vide de pensée", de barbarie approchante y compris en Art et en Science . Nietszche nous parle ici de décadence de la civilisation à son époque. Mais ici, Michel Onfray situe cette origine de la décadence dans la décadence judéo-chrétienne qui en serait à sa mort, après tout un périble de 2.000 ans qui se sont cristallisés jusqu'à nos jours autour d'un christ Pentacuator, une déclinaison sur laquelle s'est construite la raison occidentale  judéo-chrétienne, la civilisation judéo-chrétienne, la nôtre. Il s'agit pour lui, de l'éthétisation d'un concept poétique, mythique ( faute de preuves documentaires ) Jésus dont les empereurs  de droit divin Constantin et Grégoire se sont emparés et grâce à l'apôtre Paul ont pu mettre en place une force impérialiste temporelle et spirituelle, une forme politique, une conversion par le glaive qui justifiera plus tard l'inquisition et les Croisades :faire du judaïsme déterritorialisé ou internationalisme chrétien, un pouvoir conquérant mais malheureusement pas de paix en proie à diverses guerres post-coloniales.  La force de cette fiction durera des siècles jusqu'à ce qu'une autre force, toute aussi hégémonique, viendra la déstabiliser : L'Islam. Mais les  2 civilisations bien rivales vont être à leur tour ébranlées par l'esprit rationalistes dès le XVII s. / XVIII s.. D'autre part les schismes, les corruptions papales, Luther, Calvin, les humanistes qui remettent au goût les matérialistes pré-socratique comme Lucrèce et les Encyclopédistes, tout cela va faire naître, l'Homme propre, l'Homme nouveau, le monde religieux fissuré commence à se détériorer, l'idée de barbarie n'est plus seulement du côté où l'on croit; la chute de pouvoir royal de droit divin est décapité, la Terreur s'empare des esprits et des pouvoirs, 

 

03/05/2017

CAFE PHILO LABORATOIRE D'IDEES CAFE PLATANE 91 BD DE LA CLUSE GENEVE

 

 

COMPTE RENDU DE LA SEANCE DU 25 AVRIL  HOMMAGE A JAN MAREKJO. de 18 h 30 à 20 Heures

Notre café Philo Laboratoire d'Idées a tenu à rendre hommage au pionnier, à l'initiateur des Cafés Philo à Genève à la rue St Léger, il y a bien longtemps : Jan Marejko.

Il avait fréquenté une fois ou l'autre notre Café et y avait même présenté un sujet.

Il nous importait de réunir les amis de Jan Marejko une seconde fois pour parler de ses oeuvres, deux essentiellement " Cosmologie et Politique "  puis  ses "Dix Méditations sur l'Espace et le Temps " et ses chroniques qui viennent d'être éditées aux Editions Bibracte chroniques réunies par Glorice Wettstein issu du site " Les Observateurs"  animé par Ulli Windisch et édité par Monsieur Bazzone.

Un colloque précédent  nous avait tous réunis pour évoquer plutôt la personnalité de JM et les souvenirs de chacun.

Ce soir 25 Avril, il s'agissait de deux de ses livres, comme à notre habitude nous avons proposé une problématique face aux oeuvres précitées: L'aliénation moderne, un paradoxe du désir, vertige de l'infini ou peur des limites ?

Désirer, c'est tendre vers  un extérieur ou une absence qui met en mouvement, mais qui implique un " que " et le subjonctif ( je désire que ...  )  c'est à dire une possibilité, mais pas une certitude.Cette ambivalence peut donner le vertige où nous rendre aliénés même si cela vous procure une jouissance. C'est le paradoxe qui a toujours hanté Jan Marejko, surtout face au monde moderne. Le mot désenchantement revient souvent dans ses oeuvres suite à la perte des repères anciens.

Ce n'est pas un passéiste, mais l'essor des sciences depuis le XVIIème siècle permet de postuler un Espace infini qui rend l'Homme maître du monde, lui permet de prétendre pouvoir dire ce que la Nature est sans pouvoir la cerner autrement que par des hypothèses, des postulats, des idées, l'envisager comme un système à découvrir à l'infini. D'où l'idée qu'il suffit de mettre à jour le fonctionnement des systèmes et d'établir  la paix universelle. Mais à quel prix nous dit Jan Marekjo ? Au prix de l'aliénation et d'un contrôle qui frise le totalitarisme. Le Monde peut s'inscrire dans une philosophie de l'Histoire où l'homme en devient le centre et le maître, mais  pas à l'abri des désillusions, de désenchantement. Les démocraties, à travers les technostructures finissent par enfermer l'Homme, à l'exploiter et à exploiter la Nature jusqu'à l'épuiser. Le siècle des lumières n'a pas produit les effets prévus, comment concilier la notion de système avec l'individualisme qui s'est développé.

Nous pouvons désirer la chose, sans pour autant  s'y laisser anéantir et une Révolution salutaire ne peut avoir lieu que si nous entrons en responsabilité éthique et sans certitudes entrer en appréhension possible du Monde, même si il nous échappe. Le déploiement du désir ne peut se concevoir que dans la mesure où l'altérité est reconnue et c'est là que l'Homme peut trouver sa liberté et en jouir.

Pour Jan Marejko, la liberté est possible sans référant transcendant grâce à sa capacité de spiritualité. On pense à ConsPonville et même à Lucrèce, et son long poème " De Natura Rerum " et sa physique hydraulique loin de la physique mécanique du XVIIme siècle, mais proche de la physique d'aujourd'hui.

Il y a en nous une présence qui dément notre résignation physique et nos limites apparentes. C'est dans ses " Dix Méditations " que Jan Marejko évoque le principe d'incertitude pour échapper à la relation de causalité. Le temps n'étant pas prévisible, c'est peut-être une chance pour échapper au vertige grâce à notre lucidité qui nous permet d'avoir un coup d'avance pour savoir faire face. l'Humour n'est pas absent de l'esprit et des textes de Jan , ce qui nous montre qu'il n'était pas désespéré et le contact avec les autres qu'il recherchait était par goût de vivre et sortir de l'impasse Une phrase d'un poète genevois Yves Sandrier ,  " décédé trop tôt ",  dit : " C'est connaître sa dépendance qui nous rend libre ". Le dessin qui illustre la couverture des Méditations est signé du peintre Tal-Coat, un peintre majeur de XXéme siècle,qui  signifie en langue celtique " front de Bois ", c'est à dire pugnacité.

Jan Marejko était sûr de ses convictions mais adorait la contradiction. Sa vérité il la trouvait dans son Ecriture.