04/05/2017

CAFE PHILO LABORATOIRE D'IDEES CAFE PLATANE 91 BD DE LA CLUSE GENEVE

 RENDU DE LA SEANCE DU MARDI 2 MAI 2017 CAFE PLATANE  18 H 30   / 20 HEURES

INTERVENANTS : CLAUDE CLAVERIE  /  DENIS GARDON

Ce soir là, nous avons trait un sujet d'actualité, mais universel : " La civilisation occidentale est-elle un Prométhée ethnocide ? " 

Après les rivages " désenchantés " de Jan Marejko  évoqués le Mardi précédant, nous avons souhaité aborder au mois de Mai les rivages du Futur, le futur de note société occidentale, né d'un Prométhée courageux mais peut - être devenu ethnocidaire le paradoxe de ces deux mots nous a interpellés. 

Entre les techniques sophistiquées, prothèses d'aujourd'hui et le bonheur ou bien être promis désormais depuis longtemps par le siècle des Lumières, avons-nous réellement fait un chemin ascendant pour l'humanité, malgré des changements nombreux positifs mais aussi ravageurs ? Notre courageux Prométhée, apprenti sorcier connait-il des limites de l'humain ? De la nature ? 

Pour s'intégrer dans l'histoire a-t-il besoin de prier, de flirter avec la mort? Le boomerang est à craindre en tous les . A cette appréhension engendre la peur et l'angoisse qui caractérisent nombreux des habitants de notre monde d'aujourd'hui. Coincé entre structures économiques et discours mélodiques, notre société s'écoute résonner en niant souvent la réalité par excès de volonté de puissance souvent destructrices, ethocide. Notre Prométhée peut-il trouver une autre orientation, inspiré par une nouvelle spiritualité ? L'homme cherche toujours avec curiosité un ailleurs et en cours de chemin se laisse pervertir.

L'Homme qui veut s'expliquer le monde et l'expliquer aux autres, sait-il d'abord comprendre ? Cet occident contemporain, germé dans la Renaissance après avoir rejeté les sources anciennes s'est engagé dans une course au progrès où les valeurs requises ne correspondent pas toujours aux besoins de l'Esprit intuitif et créatif et l'autisme au monde que cette course manifeste, le rend agressif.La rationalité  du XVIIème siècle et du 18éme siécle qui ont fait leur chemin se heurte à l'irrationalité fondamentale de l'être humain et le pousse à devenir schizophrène . L'alibi des nouveaux outils n'explique - t-il pas celui d'un faux ailleurs ? Où est la sortie ?

 Dans son dernier livre " Décadence " , le 2ème tome d'une trilogie, après " Cosmos " qui doit être suivi d'un 3ème ouvrage " Sagesse " , Michel Onfray nous déroule le fil rouge de la décadence judéo-chrétienne.Il cite en exergue un court texte de Nietszche, tiré du chapitre 4 du tomme III des " Inactuelles " ou " Intempestives " texte de la fin du 19ème siècle mais qui résonne aujourd'hui bien à propos . Dans cette exergue, Nietszche parle de " vide de pensée", de barbarie approchante y compris en Art et en Science . Nietszche nous parle ici de décadence de la civilisation à son époque. Mais ici, Michel Onfray situe cette origine de la décadence dans la décadence judéo-chrétienne qui en serait à sa mort, après tout un périble de 2.000 ans qui se sont cristallisés jusqu'à nos jours autour d'un christ Pentacuator, une déclinaison sur laquelle s'est construite la raison occidentale  judéo-chrétienne, la civilisation judéo-chrétienne, la nôtre. Il s'agit pour lui, de l'éthétisation d'un concept poétique, mythique ( faute de preuves documentaires ) Jésus dont les empereurs  de droit divin Constantin et Grégoire se sont emparés et grâce à l'apôtre Paul ont pu mettre en place une force impérialiste temporelle et spirituelle, une forme politique, une conversion par le glaive qui justifiera plus tard l'inquisition et les Croisades :faire du judaïsme déterritorialisé ou internationalisme chrétien, un pouvoir conquérant mais malheureusement pas de paix en proie à diverses guerres post-coloniales.  La force de cette fiction durera des siècles jusqu'à ce qu'une autre force, toute aussi hégémonique, viendra la déstabiliser : L'Islam. Mais les  2 civilisations bien rivales vont être à leur tour ébranlées par l'esprit rationalistes dès le XVII s. / XVIII s.. D'autre part les schismes, les corruptions papales, Luther, Calvin, les humanistes qui remettent au goût les matérialistes pré-socratique comme Lucrèce et les Encyclopédistes, tout cela va faire naître, l'Homme propre, l'Homme nouveau, le monde religieux fissuré commence à se détériorer, l'idée de barbarie n'est plus seulement du côté où l'on croit; la chute de pouvoir royal de droit divin est décapité, la Terreur s'empare des esprits et des pouvoirs, 

 

03/05/2017

CAFE PHILO LABORATOIRE D'IDEES CAFE PLATANE 91 BD DE LA CLUSE GENEVE

 

 

COMPTE RENDU DE LA SEANCE DU 25 AVRIL  HOMMAGE A JAN MAREKJO. de 18 h 30 à 20 Heures

Notre café Philo Laboratoire d'Idées a tenu à rendre hommage au pionnier, à l'initiateur des Cafés Philo à Genève à la rue St Léger, il y a bien longtemps : Jan Marejko.

Il avait fréquenté une fois ou l'autre notre Café et y avait même présenté un sujet.

Il nous importait de réunir les amis de Jan Marejko une seconde fois pour parler de ses oeuvres, deux essentiellement " Cosmologie et Politique "  puis  ses "Dix Méditations sur l'Espace et le Temps " et ses chroniques qui viennent d'être éditées aux Editions Bibracte chroniques réunies par Glorice Wettstein issu du site " Les Observateurs"  animé par Ulli Windisch et édité par Monsieur Bazzone.

Un colloque précédent  nous avait tous réunis pour évoquer plutôt la personnalité de JM et les souvenirs de chacun.

Ce soir 25 Avril, il s'agissait de deux de ses livres, comme à notre habitude nous avons proposé une problématique face aux oeuvres précitées: L'aliénation moderne, un paradoxe du désir, vertige de l'infini ou peur des limites ?

Désirer, c'est tendre vers  un extérieur ou une absence qui met en mouvement, mais qui implique un " que " et le subjonctif ( je désire que ...  )  c'est à dire une possibilité, mais pas une certitude.Cette ambivalence peut donner le vertige où nous rendre aliénés même si cela vous procure une jouissance. C'est le paradoxe qui a toujours hanté Jan Marejko, surtout face au monde moderne. Le mot désenchantement revient souvent dans ses oeuvres suite à la perte des repères anciens.

Ce n'est pas un passéiste, mais l'essor des sciences depuis le XVIIème siècle permet de postuler un Espace infini qui rend l'Homme maître du monde, lui permet de prétendre pouvoir dire ce que la Nature est sans pouvoir la cerner autrement que par des hypothèses, des postulats, des idées, l'envisager comme un système à découvrir à l'infini. D'où l'idée qu'il suffit de mettre à jour le fonctionnement des systèmes et d'établir  la paix universelle. Mais à quel prix nous dit Jan Marekjo ? Au prix de l'aliénation et d'un contrôle qui frise le totalitarisme. Le Monde peut s'inscrire dans une philosophie de l'Histoire où l'homme en devient le centre et le maître, mais  pas à l'abri des désillusions, de désenchantement. Les démocraties, à travers les technostructures finissent par enfermer l'Homme, à l'exploiter et à exploiter la Nature jusqu'à l'épuiser. Le siècle des lumières n'a pas produit les effets prévus, comment concilier la notion de système avec l'individualisme qui s'est développé.

Nous pouvons désirer la chose, sans pour autant  s'y laisser anéantir et une Révolution salutaire ne peut avoir lieu que si nous entrons en responsabilité éthique et sans certitudes entrer en appréhension possible du Monde, même si il nous échappe. Le déploiement du désir ne peut se concevoir que dans la mesure où l'altérité est reconnue et c'est là que l'Homme peut trouver sa liberté et en jouir.

Pour Jan Marejko, la liberté est possible sans référant transcendant grâce à sa capacité de spiritualité. On pense à ConsPonville et même à Lucrèce, et son long poème " De Natura Rerum " et sa physique hydraulique loin de la physique mécanique du XVIIme siècle, mais proche de la physique d'aujourd'hui.

Il y a en nous une présence qui dément notre résignation physique et nos limites apparentes. C'est dans ses " Dix Méditations " que Jan Marejko évoque le principe d'incertitude pour échapper à la relation de causalité. Le temps n'étant pas prévisible, c'est peut-être une chance pour échapper au vertige grâce à notre lucidité qui nous permet d'avoir un coup d'avance pour savoir faire face. l'Humour n'est pas absent de l'esprit et des textes de Jan , ce qui nous montre qu'il n'était pas désespéré et le contact avec les autres qu'il recherchait était par goût de vivre et sortir de l'impasse Une phrase d'un poète genevois Yves Sandrier ,  " décédé trop tôt ",  dit : " C'est connaître sa dépendance qui nous rend libre ". Le dessin qui illustre la couverture des Méditations est signé du peintre Tal-Coat, un peintre majeur de XXéme siècle,qui  signifie en langue celtique " front de Bois ", c'est à dire pugnacité.

Jan Marejko était sûr de ses convictions mais adorait la contradiction. Sa vérité il la trouvait dans son Ecriture. 

 

 

 

 

 

14/04/2017

CAFE PHILO LABORATOIRE D'IDEES CAFE PLATANE 91 BD DE LA CLUSE GENEVE

Compte rendu de nos deux derniers cafés Philo Laboratoire d'idées   Lieu de résidence : Café Platane

Mardi 4 Avril et Mardi 11 Avril   

Ce mardi 4 avril notre Ciné Grill mensuel portait sur un film documentaire de Daniel Schweizer " Trading Paradise "

Nous avons eu la chance d'assister à la Première de ce film en présence du réalisateur et d'un représentant de la société Glencore mise en cause dans ce film  - Le débat fut très instrutif à tous les points de vue.Ce documentaire  - 3ème volet d'une trilogie amazonienne après " Dirty Paradise " 2009 et " Dirty Gold War " 2015, nous ouvre les yeux sur les pratiques de deux Géants Suisse : Glencore et Valé résidant à St Prex et Baar et les impacts nocifs environnementaux et humains de l'extraction minière au Pérou, en Zambie et au Brésil. Ce tournage s'est fait sous surveillance mais dans une certaine liberté permettant au réalisateur de recueillir les fortes doléances des habitants. Les sociétés pré-citées prétendent faire au mieux pour tous les habitants, mais elles ont l'air totalement inconscientes des réalités ou abordent de mauvaise foi  les problèmes pour pouvoir continuer leurs travaux et leurs profits, puisqu'elles paient très peu d'impôts tout en affirmant que leur stratégie s'est modifiée et se veut clairvoyantes - Le film montre et démontre le contraire: des cultures ruinées, des maladies dues aux émanations d'extraction, et toutes sortes de menaces physiques même pour le bétail et des expropriations  -  Les riverains ont déjà plusieurs fois demandé à être relogés sur un autre site  sans succès. Les parlementaires suisses ferment les yeux et se contentent de demander aux sociétés incriminées plus de transparence.

Daniel SCHWEIZER a demandé au représentant de Glencore devant le public de s'engager personnellement à transmettre les doléances à qui de droit pour aboutir,. Voilà un geste citoyen de la part d'un cinéaste qui dit faire " un cinéma citoyen " Il travaille e free à la TSR mais s'est toujours intéressés aux marginaux ou aux délaissés..Ce film nous a interpelé sur les dessous des activités multinationales apparement bien intentionnées et sur l'Ethique des entreprises liées au néolibéralisme globalisé.

Nous recevrons Daniel Schweizer plus tard dans un autre café Philo laboratoire d'idées pour développer d'autres approches sur son travail. Il est reparti en chasse d'images, notamment en Amazonie qu'il commence à bien connaître pour défendre la santé et la vie des autochtones. Ce cinéaste met la pâte de son regard initial de peintre pour nous offrir des images brutes, plus saississants sur les regards et visages qui ont appris à se taire. 

LE MARDI 11 AVRIL nous avons abordé avec le journal " Le Monde Diplomatique " un sujet d'actualité sur la base d'un article de ce journal signé Perry Anderson " Bouillement anti système "

Devant les désastreuses politiques de l'Union Européenne, malgré le60ème anniversaire du Traité de Rome et du Marché Commun qui promettaient beaucoup aux peuples des pays y adhérant, à gauche, comme à droite, des mouvements se rebellent et se dressent contre le néo-libéralsme et le dérèglement des flux financiers. Les mouvements sont stigmatisés par les classes dirigeantes de populisme, terme péjoratif pour justifier l'austérité qu'elles imposent via la Banque Centrale Européenne. 

Et pourtant le déclin des taux de croissance et un ralentissement de la productivité avec moins d'emplois et plus d'inégalités ne les font pas changer de stratégie ni tenir compte des référendums.

Des parts anti-systèmes de tous bords se manifestent, mais les facteurs qui les déterminent sont très différents, certains jouent sur l'immigration pour justifier la xénophobie et le raciste qu'ils manifestent, d'autres s'orientent davantage contre l'Euro qui nie la souveraineté populaire pour proposer quelques ajustements ou plus radicalement de sortir de l'Europe avec une autre construction sur d'autres bases.L'Union Européenne a du plomb dans l'aile mais le bulldozer des dirigeants est lourd à faire bouger y compris aux Etats-Unis.

C'est pourquoi l'illustratrice de cet article Emily Evereth ne manque pas d'inclure le monde entier dans cet enfermement en nous présentant des poings prêts à frapper sur la table ou une mappemonde en forme tirelire. Les échanges ont été fructueux et pour nous éveiller à ces problèmes économiques, politiques et sociaux qui attendent le monde demain.

Après la pause de Pâques, le mardi 25 Avril nous rendrons hommage à un pionnier des Cafés Philo à Genève, le philosophe JAN MAREJKO dont les oeuvres nous parlent du désenchantement mais peu-être d'espoir si l'Homme sait faire appel à sa spiritualité faces aux chiffres contraignants et trompeurs

Rendez vous donc le 25 Avril au Café Platane 91Boulevard de la Cluse de 18 h 30 à 20 h et des poussières pour rendre hommage à JAN MAREJKO.atour de deux de ses livres mis en analyse " Cosmologie et politique "  et Dix Méditations sur l'Espace et le Mouvement " et de la sortie de ses chroniques " Je voulais vous dire " sorti aux Editions Bibracte